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Insuffler une démocratie réellement participative au Plessis-Robinson

ou le véritable prix de la démocratie participative

mercredi 26 juin 2013

Ainsi donc le Plessis-Robinson a remporté un prix d’excellence en matière de démocratie participative lors du Concours National des Villes. Nous savions notre maire adepte des concours en tout genre, mais aller chercher celui de la démocratie participative… Cela prêterait à sourire si la Caisse des dépôts et consignations (et la présidence de l’assemblée !) ne se décrédibilisait pas en donnant sa caution à ce type d’initiative.

Un concours qui s’intéresse plus aux dossiers de quelques candidats qu’aux actions réelles

Mettons tout de suite les choses au point : le jury a examiné les dossiers transmis par les 110 collectivités candidates. De nombreux prix étaient distribués : Développement économique et emploi, Transports et déplacements, Rénovation ou requalification des espaces urbains, Innovation dans l’offre culturelle ou de loisirs, Cadre de vie, Innovation dans l’offre de services « petite enfance/jeunesse »… En tout 16 grands prix distincts dont celui de la Démocratie participative. Bien sûr, le jury ne juge pas la politique générale de la ville dans le domaine concerné : il se borne à prendre en compte le dossier présenté par la ville candidate. Il s’agit finalement moins de juger l’action de la ville que la manière dont le dossier est présenté.

Le « Grand Prix de la démocratie participative 2013 » est accordé au Blanc-Mesnil

Seize « Grands Prix » sont décernés à seize villes par ce jury et le Plessis-Robinson n’est pas lauréat. Dans le domaine de la démocratie participative, le Grand Prix est accordé au Blanc-Mesnil avec ses 25 instances participatives qui animent la relation entre la collectivité et les citoyens tout au long de l’année. Tous les projets, le budget, les constructions, les politiques publiques, les enjeux et les grands travaux pour le territoire sont en débat permanent. L’engagement de la ville est ancien puisque sa charte en faveur de la démocratie participative date de 2007. En 2011, cela s’est traduit par 50 000 usagers accueillis, 111 400 actes établis, 85 000 courriers reçus et 200 000 envoyés et… 230 000 appels téléphoniques gérés ! Le Blanc-Mesnil fait d’ailleurs partie du réseau national de démocratie participative. Ce réseau rassemble l’ensemble des collectivités pionnières qui expérimentent depuis plusieurs années des pratiques innovantes de démocratie commençant par le minimum de transparence démocratique inhérente à ce type de démarche. Bien entendu, compte tenu de ces pré-requis. Le Plessis-Robinson n’appartient pas à ce réseau et la majorité de ces collectivités pionnières n’ont pas présenté de dossiers à ce concours ce qui explique sans doute la « reconnaissance » accordée au Plessis.

Un Plessis « nominé » … parmi d’autres

Sur les 110 candidats, 20 sont récompensés et 68 nominés dont le Plessis ; il s’agit sans doute d’un encouragement pour le maire du Plessis-Robinson qui découvre la démocratie participative. Et c’est vrai qu’il doit encore apprendre à différentier quelques notions : la consultation et la co-élaboration, le dialogue et l’appel téléphonique préenregistré, … Comparons les quelques chiffres évoqués pour le Blanc-Mesnil à ce que furent les états généraux du Plessis-Robinson : une machine a téléphoné à tous les Robinsonnais, la ville a réuni 4 ateliers participatifs de 3 heures en novembre 2012 et 4 ateliers de restitution en décembre 2012, le maire a fait une réunion le 8 janvier … et le livre vert de la ville durable a été présenté le 16 février. Cette mise au point ne retire rien à l’implication des citoyens qui se sont déplacés pour donner leur avis sans se rendre compte du piège électoral dans lequel ils tombaient.

La démocratie participative au Plessis-Robinson : mieux vaut en rire !

Vous trouvez que la fin du dispositif mis en place a été trop rapide ? C’est logique puisque l’avis des gens n’a pas foncièrement été pris en compte… Il ne s’agit ni de concertation, ni de co-élaboration mais juste de communication. Et là, notre maire n’est décidément pas un débutant ! « C’est ma manière d’être, je n’ai jamais construit de projet contre les habitants, mais avec leur adhésion » dit le maire sur son blog pour vanter son écoute et la démocratie participative qui l’anime :

  • Les bénéficiaires de logements sociaux étaient ravis de les quitter pour laisser place nette aux promoteurs désireux de faire une cité soi disant jardin, les habitants du secteur du Hameau se sentent écoutés lorsque le maire promet de détruire leurs pavillons, les riverains de l’avenue de la Résistance souhaitent voir des immeubles devant leurs maisons, idem pour ceux qui vivent à coté de l’école François Peatrick : ils rêvent déjà de voir un nouveau projet immobilier devant leurs fenêtre.
  • Pour le lycée au Plessis-Robinson, tous les parents d’élèves remercient le maire d’avoir tant retardé le projet : celui de la Région en 2005 en lien avec l’école Henri Wallon, le nouveau sur le terrain de la CAF finalement retiré… 10 ans de perdus.
  • Les entreprises du parc technologique Plessis-Clamart souhaitent absolument déménager pour laisser la place à un lycée imaginaire.
  • L’association Chateaubriand a envie du projet immobilier prévu par le maire en lieu et place du Panoramic Hermitage,
  • Pour le Partenariat Public Privé de la voirie, si la timidité a empêché le maire d’évoquer ce projet de 53 M€ dans son programme de 2008, c’est sans doute la démocratie participative qui a justifié qu’on ne sollicite les riverains qu’une fois le projet ficelé (leur accordant il est vrai quelques choix mineurs, histoire de pouvoir vanter cette qualité d’écoute si appréciable) …

La démocratie participative que nous souhaitons

Trêve d’ironie, entendre le maire vanter la démocratie participative, c’est comme l’entendre louer la mixité sociale par la destruction de logements sociaux ou le voir tuer l’idée de développement durable à force de la galvauder. Malheureusement pour lui, la démocratie participative ne se proclame pas, mais se construit. De nombreux pré-requis sont nécessaires à l’avènement d’une démocratie permettant à chacun de s’exprimer et de collaborer à la construction du Plessis-Robinson :

  • Les fondations d’une démocratie :
    • La démocratie, c’est-à-dire mener une campagne de sensibilisation pour promouvoir l’inscription sur les listes électorales et respecter les droits de l’opposition en lui fournissant un accès à l’ensemble des informations nécessaires et en lui donnant les moyens de s’opposer,
    • L’éthique, via la signature d’une charte de l’élu robinsonnais incluant par exemple l’interdiction pour un élu de faire prendre en charge ses frais d’avocats lorsque l’infraction ne concerne pas sa charge,
    • La transparence tant sur les actions municipales, le budget de la ville, l’affectation des logements sociaux ou des places en crèches, les comptes et actions de la SEMPRO…
  • La mise en place d’une démocratie locale :
    • L’égalité en droit de tous les Robinsonnais en constituant comme socle de la démocratie participative une liste électorale étendue à tous les habitants en âge de voter du Plessis quelle que soit leur nationalité,
    • La consultation, c’est-à-dire l’obligation pour l’équipe municipale de consulter les Robinsonnais et/ou les conseils de quartier avant de lancer toute opération structurante pour ne plus voir des pseudos concertations sur des projets tout faits et uniquement modifiables à la marge.
  • Les outils de la participation :
    • L’information disponible sur Internet (e-démocratie) : Internet ne doit pas être une simple vitrine mais un outil de communication permettant de lire l’ensemble des informations (compte rendus, budgets, attribution de logement sociaux…) nécessaires à la prise de position citoyenne,
    • Le droit à l’interpellation pour que tout sujet, pour peu qu’il mobilise suffisamment de citoyens soit obligatoirement abordé au conseil municipal.
  • Enfin, la démocratie participative :
    • La participation en créant des groupes de travail participatif, l’intégration de jurés populaires dans les jurys de concours d’architecture ou urbains,…
    • La délégation avec la mise en place d’un budget participatif à l’échelle de la ville et de chaque quartier, la création de maisons de quartier et des associations avec de vraies délégations locales…

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